Le insectes sous la Lune (les collections impossibles 11)

Les insectes sous la Lune

 

Un papillon jouait aux cartes

A la belote et au rami

Un puceron faisait des tartes

Avec le miellat des fourmis

 

Le grillon s’en allait chantant

Avec sa belle mandoline

C’est l’escargot qui, en rampant

L’écoutait d’une ouïe très fine,

 

Entends-tu ma belle sérénade

Découpée près de l’astre blanc

Accompagné d’une myriade

De sauterelles et vers luisants ?

 

A minuit,

 

L’araignée tissa sa toile

L’heure du crime, évidemment

Malheur à qui vient dans mon voile :

Je le mangerai goulûment !

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La vieillesse – Les collections impossibles (10)

Chaque ride

Près de tes yeux

Est un chemin

De larmes

 

 

Plus prononcée

De jour en jour

Vers tes joues

Parfumées

 

Chaque ride

Où coule

Les années

Va plonger

Dans tes yeux

 

Alors je serai là,

Dans ta tête

Dans ton corps

Dans tes doigts

 

Je me perdrai

A te reconnaître

Quand je ne serai plus

Dans tes bras

 

Descendons ouvrir

La fenêtre

A regarder

Le petit bois

 

Un beau tapis

De pâquerettes

Voici le lit

Où tu mourras

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Faire un effort pour voir le Monde !

Bonjour ou bonsoir à tous.

Je vous présente ci-dessous la couverture de mon troisième livre édité par Edilivre. J’ai reçu le BAT hier, et, après quelques modifications du corps du texte, j’ai donné mon accord pour la publication définitive…un troisième livre ! C’est déjà pas mal, non ? En attendant le quatrième, oui…..mais pas pour le moment !

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Le fauteuil roulant – les collections impossibles (09)

Un fauteuil roulant

Toutes roues dehors

A dévaler les pentes,

Etait prêt à accueillir

Les fesses d’un paraplégique :

 

« Encore un qui n’aura pas

De chance !

Fracture de la colonne vertébrale,

Amputation professionnelle

Des jambes,…

Je m’attends à tout,

C’est pour cela

Que je suis là »

Il ajouta :

« Encore une personne qui va se sentir seule

Handicapée comme ils disent,

Brutalement, injustement, impitoyablement »

Ah non, ce n’est pas possible !…

Voilà qu’un petit vieux s’assied sur moi

Il sent la pisse en plus !

Beurk !

Moi, j’aurais préféré

Une belle jeune fille

De belles fesses comme je les aime…

Rien !

Quelle injustice !

Il a fallu que ça tombe sur moi

Enfin….

Si ils me lavent régulièrement

Tant pis ! Je ferai avec…

Que m’arrive-t-il ?

Pourquoi je parle ?

Un fauteuil ne parle pas…

Cela ne tient pas debout !

……….

Pourquoi vous pleurez

Monsieur ?

Oui, je sais,

Le monde est cruel quelquefois,

Il vous a laissé tout seul

Pour la fin de votre vie…

Alors, pardonnez-moi :

Je serais votre compagnon

Près du bord de vos nuits

Tous les matins je serai là,

Mes roues seront vos jambes

Mon dossier sera votre dos

Vous marcherez dans votre tête

Là où personne ne vous arrête

A fendre l’amertume comme ivre

Mais à vous condamner à vivre

Avec les autres…frères et soeurs

Vos compagnons d’infortune ;

Vous n’irez pas chercher la lune

Fera-t-il froid dans votre cœur ?

De temps en temps

Vous voudrez en finir

Même avec un esprit pur

Car la Vie sera trop dure

A porter…

Je ne pourrai rien vous donner

Moi, je ne peux

Que vous porter

Sans une parole réconfortante,

Que puis-je faire d’autre ?

Moi, qui suis inanimé

Si au moins je pouvais vous parler…

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Je me souviens ou le mémorial de Murambi – Les collections impossibles (08)

Le Mémorial de Murambi * (ce soir le ciel est turquoise II)

Attention : Ce texte peut être insupportable à lire, mais la fin est pleine d’espérance. Lors du génocide du Rwanda en 1994, des familles entières (quelquefois de plus de 50 personnes) ont été asassinées. Seuls les rescapés peuvent témoigner. Ce texte est librement adapté des cérémonies nocturnes du souvenir l’année suivante

Je me souviens de toi, ma mère

Nzasangamariya Sperancia

Je me souviens, je me souviens

Je me souviens de toi

Tuée à coups de machette à Masaka

Alors que nous étions ensemble

Et que tu me disais :

« Mon enfant, sois courageuse »

 

Je me souviens de toi, Noheli Ntiganzura

Mon frère, avec qui j’ai marché

Marché jusqu’à Masaka

Où on t’a tué à coups de machette

Sous mes yeux

Je me souviens de mon frère

Gilbert Rubangura

Je me souviens comment ils l’ont découpé…

 

Je me souviens de Bonaventure

Tué et abandonné sur la route

Je me souviens de sa femme

Tuée à la grenade

Je me souviens de mon enfant

Mort en pleurant

Achevé à la grenade

Par ceux qu’il suppliait…

 

Je me souviens de toi Rungano

Je me souviens de toi Mukakavisa Doris

Tu étais jeune, on avait le même âge

On allait à la même école

On jouait ensemble

Mais ils t’on massacré sans pitié

Je me souviens de toi, Nicolas,

Tu avais sept ans

Ton corps a été mangé

Par les fourmis et les vers

Je me souviens de toi

Tu es mort sans savoir pourquoi

 

Souviens-toi de ces corps

Etendus sur le sol

Souviens-toi des martyrs

Souviens toi de ceux qui ont creusé

Leur propre tombe,

Souviens-toi…

 

Et toi, enfin, Annick Kayitesi

Témoin du génocide

Rescapée du génocide

Que vois-tu de l’avenir

Au fond de l’orphelinat « Terre des hommes »

Au fond de tes yeux taris

Depuis longtemps de larmes

Au fond de ton âme meurtrie

Tu ne crois pas que la page est tournée

Pardonnes-tu ?

Si on te demandait pardon,

Deviendrais-tu folle ?

De tes beaux yeux marrons

Qui descendent des étoiles

Subsistent encore les souvenirs

De ta famille exterminée

Mais je sens au fond de toi

Que quelque chose s’est fracassée

Alors souviens-toi des jours heureux

Pour un avenir radieux…

* : Murambi est un petit village où ont été réunis près de 30.000 tutsis afin de les exterminer. Depuis, pour le souvenir, un mémorial a été dressé pour que chacun se souvienne.

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La pauvreté – les collections impossibles 07

Les yeux qui pleurent

Les yeux ridés

Les yeux d’ailleurs

Les yeux fanés 

Oui, je l’ai rencontré,

Le visage de la pauvreté

 

Fin de la semaine

Encore une heure, encore une heure à peine

Encore une heure de jour et la nuit vient

Et puis… rien…

 

Le dos qui s’est courbé

Le dos qui s’éparpille

Le bout des doigts glacé

Le givre sur les grilles

 

Oui, je l’ai dessiné

Le corps de la pauvreté

 

Fin de la semaine

Encore une heure, encore une heure à peine

Encore une heure de jour et la nuit vient

Et puis… rien…

 

Dans la soirée

Dent arrachée

Et il a mal

Sourire perdu

Longer les rues

Près du canal

 

Oui, je l’ai vue sans la voir

La pauvreté dans la bouche

 

Fin de la semaine

Encore une heure, encore une heure à peine

Encore une heure de jour et la nuit vient

Et puis… rien…

 

Sans répit

Sans confort

Dans son lit

Elle s’endort !

 

Hiver éternité

Thermomètre à zéro

Et toi, tes mains gelées

Tout près du brasero

Finissent par pleurer

Où sont les baisers chauds ?

 

Pauvre matin

Sans bruit, au loin

Va s’endormir

Les ombres noires

Pleurent dans le soir

Et vont mourir

 

Fin de la semaine

Encore une heure, encore une heure à peine

Encore une heure de jour et la nuit vient

Et puis… plus rien…

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Le sablier – les collections impossibles n°06

Pour mesurer le temps,

J’aurais voulu prendre

Tous les grains de sable

De la Terre…

Je t’aurais vu grandir

Une fleur de printemps

Pour mesurer l’enfant

J’aurais voulu prendre

Le plus beau maître

D’école

Sur un banc trop meurtri

Je t’aurais vu apprendre

Les choses de la Vie

 

Pour mesurer l’amour

J’aurais voulu cueillir

Toutes les fleurs

De la Terre

Apercevant alors

Le nombre de baisers

S’abattre sur mes joues

 

Pour mesurer la pluie

J’aurais voulu prendre

Tous les puits

De la Terre

Pour que les blés

Ressemblent à l’or d’été

Que tu récolteras

 

Pour mesurer mes rides

J’aurais voulu prendre

Toutes les charrues

De la Terre

Pour creuser les sillons

De tes baisers d’enfant

Et recouler mes larmes

 

Mais je suis presque

Arrivé au bout

De mon sablier

N’oublie pas :

Prendre avant de partir

Une partie tombée

De ma vie ensablée…

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